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 « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]

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MessageSujet: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   24/6/2015, 00:08

J'avais tourné en rond toute la journée, anxieuse et à fleur de peau, désireuse de voir enfin le soleil se coucher à l'ouest mais de retarder sa course tout à la fois. La grande serre était devenue sombre. Seules les réverbérations d'une lune ronde et pleine la plongeait dans une lueur fantomatique. Une atmosphère, douce et calme, qui contrastait avec mon état de fébrilité. La maisonnée s'était assoupie et j'attachais sans bruit un châle sur ma tête et mes épaules pour me dissimuler aux regards dont la nuit ne pouvaient s'occuper de fermer. J'avais le coeur qui débattait comme une horde de destriers lancée au grand galop. Deux jours plus tôt, je concluais l'arrangement d'un mariage avec la famille Celes. Ce soir, je filais en douce pour revoir un amour interdit et lui livrer un secret qui était tout autant le sien que le mien.

Juste avant d'ouvrir la porte, je pressai la paume de ma main sur mon ventre. Enserré dans mon corset, il ne laissait rien paraître, et pourtant... j'avais l'impression que qui conque posait son regard sur ma personne savait pour mon enfant. Mon Gris Couronné poussa un cri strident en me voyant fuir comme une voleuse, manifestant bruyamment son mécontentement de ne pas pouvoir m'accompagner dans mes escapades nocturnes.

- Chut, chut !

Il s'élança de se perchoir pour venir se poser sur mon épaule mais je le chassai brusquement d'un geste du bras, le faisant piailler de plus belle. Il alla se poser sur le haut mon chevalet, insulté, et je m'approchai en murmurant des mots doux pour apaiser son courroux. Après deux tentatives échouées pour me happer les doigts dans son bec, il cessa son manège et me laissa lui caresser la tête.

- Je ne peux pas t'emmener avec moi, gros poulet.

Ses imbécillités m'avaient quelque peu alléger l'esprit. Après un dernier coup d'oeil pour m'assurer qu'il ne donnerait pas à nouveau l'alarme, je filai dans les rues noires de la capitale. Dans un pan de ma jupe, la petite pierre de Tanaki battait contre ma cuisse. Allait-il seulement se présenter au lieu de rendez-vous ? J'attachais beaucoup d'espoirs à une rencontre fugace et à une promesse d'il y a trois décades, mais comment ignorer un besoin si fort de retrouver les merveilleuses sensations qu'il m'avait prodigué. Mon sang brûlait déjà dans mes veines à la simple idée de le revoir et je ne voulais pas penser à tout ce que j'avais à lui dire. Le seul dialogue dont j'avais envie était celui de mes lèvres contre les siennes. Je me déplaçais vite, comme une brigande, longeant des murs que je connaissais bien, jusqu'à la place du marché. Jamais complètement vide, mais tranquille et déserte à certains coins de rues. Je me glissai dans une impasse tout près de l'emplacement où j'avais croisé le Marchesable pour le première fois.

Si ce manège était excitant, d'une certaine façon, il me lacérait le coeur tout aussi sûrement. J'aurais voulu ne pas ressentir la honte de me cacher ainsi, les regrets et la culpabilité. Mais ces sentiments étaient bien présents et je ne pouvais en faire abstraction. Malgré la raison qui m'ordonnait de rebrousser chemin, toutes les fibres de mon être tremblaient, ivres, dans l'attente de retrouver une âme qui leur avaient manqué. Je me semai au calme et m'obligeai à m'asseoir sur une des nombreuses caisses de bois laissées sur le bord de la bâtisse. Je fermai les yeux en me triturant les doigts, inspirant profondément. Ces quelques minutes qui me séparaient de notre réunion étaient plus pénibles encore que toutes ces longues journées à l'attendre. Tout mon contrôle envolé, toutes mes volontés anéanties, je ne me sentais plus aussi solide et désirait simplement la protection de son corps. Que m'avait-il fait... ?




« Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... »
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   5/7/2015, 17:35

Opale - 47eme jour d'Automne 1650

   Le regard bicolore du Marchesable n'avait cessé de surveiller le ciel nocturne d'Opale durant ces trois décades. Une lune, que ça pouvait paraître long ! La pierre de feu consumée qu'il avait gardée ne le quittait plus, ravivant de bien agréables souvenirs au moindre regard posé dessus, aussi sûrement qu'une flamme s'intensifie à chaque souffle. Mais si la nostalgie avait été un sentiment qu'il éprouva régulièrement dans l'attente de retrouvailles, il ne pouvait pas ignorer un doute certain qui parfois lui serrait la poitrine. L'attendrait-il indéfiniment ? Viendrait-elle là où tout avait commencé ?

La nouveauté de ces sentiments qu'il ne découvrait qu'alors ainsi que l'appartenance de l'herboriste à un peuple dont il connaissait trop peu les mentalités n'avaient de cesse de remettre le pasteur en question, sans pour autant parvenir à le dissuader d'espérer en se rendant au point de rendez-vous.

La lune était haute et pleine, baignant les ruelles de sa lueur semblable à celle de son tatouage qui transperçait le dos de son vêtement de lin. Les bruits sourds des sabots d'un orik sur la terre battue le suivaient discrètement, n'éveillant point de curieux dont les fenêtres bordaient l'allée menant au marché. Arrivé là, l'okanaki s'arrêta pour reconnaitre les lieux, cherchant la silhouette familière déjà gravée dans son esprit, ne la voyant pas et sentant sa gorge se serrer à l'idée qu'elle ne vienne pas. Non, il devait être en avance. Pressant le pas, il s'avança sur la place et s'arrêta à l'emplacement même où il l'avait vue pour la première fois. Ses doigts se pressèrent autour de la bride de l'animal chargé des vivres qui avaient justifié sa venue en terres mésorianes auprès des siens, et l'animal vint appuyer son menton sur l'épaule du Marchesable qui lui flatta l'encolure, sortant de sa poche un modeste caillou qu'il regardait comme s'il était la plus précieuse des pierres.

   
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   14/7/2015, 02:18

L'attente était pénible, mais elle fût largement récompensée. Quand, du coin de l'oeil, je le vis apparaître à la percée de la petite impasse, mon coeur ne fit qu'un bond. Tous les questionnements qui avaient pu me trotter dans la tête venaient de se dissiper dans un coup de vent. Le grand orik m'avait repéré bien avant son propriétaire, et c'est avec un sourire presque candide que je quittai mon perchoir pour tendre la main vers le Marchesable et attraper doucement son bras. Je le tirai derrière le mur de la ruelle, planquant un baiser insistant sur sa bouche qui m'avait tant manqué, y bloquant les mots potentiels qui auraient pu s'en échapper. Ses lèvres avaient le même goût que dans mes souvenirs, un goût de soleil et de sel. Manifestement aussi heureux que nous et enthousiasmé par ces démonstrations d'affection, l'orik approcha son long museau de nos visages pour humer nos joues.

- Tu es venu, finis-je par souffler avec soulagement, tout bas comme si on aurait pu nous entendre

Je repoussai gentiment le nez fouineur du curieux et me laisser retomber sur  la cagette renversée près du mur, me retrouvant à la hauteur du visage de l'okanaki. Même si l'envie de l'embrasser jusqu'à plus soif me tourmentait, j'avais aussi le besoin de détailler de nouveau ses traits, reconnaître son visage. Cette longue lune n'avait rien changée sur lui même si le temps et la distance donnait cette fausse impression. Je ne savais pas quoi lui dire mais souriais bêtement, simplement heureuse, simplement apaisée qu'il soit là. J'avais pourtant tant de choses à lui raconter... mais pas maintenant, pas maintenant.

Baissant à peine les yeux, je vis la pierre de feu qu'il tenait dans son poing. Un bonheur enfantin me fit sourire davantage et je sortis la mienne d'un pan de ma jupe pour la lui montrer comme une gamine montre un trésor à son confident. Nous étions un peu comme deux adolescents qui se retrouvent sous la fenêtre de la chambre en sachant leur relation formellement condamnée par leurs parents... c'était ridicule. J'étais une femme de trente ans. Mais pas ce soir. Ce soir j'étais simplement amoureuse et follement éprise de la mauvaise personne.

- ... tu m'as manqué.

Rien de plus vrai et rien de plus incomplet. Il avait fait beaucoup plus que me manquer, mais j'avais tout de même une certaine réserve. Je m'étais sentie seule plus que jamais, perdue, confondue, remuée dans mes convictions... et prise au piège. Garder pour moi-même le secret que je portais dans mon ventre n'aidant certainement pas à alléger cet amalgame d'émotions.
HRP:
 




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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   28/7/2015, 17:26

Opale - 47eme jour d'Automne 1650

   Appuyé contre l'épaule de son compagnon de route, le Marchesable ne décollait pas son regard de la petite pierre gris mat  aux traits irréguliers et à la surface rugueuse. Ce ne fut qu'en sentant l'orik bouger sous son épaule qu'il leva la tête avant de la tourner dans la direction qui captait l'attention de l'animal. Là, il n'eut pas le temps de distinguer la silhouette qui s'élançait vers lui que cette dernière l'entraînait dans la ruelle sombre et déserte avant de voir ses lèvres plaquées contre d'autres qu'il reconnut immédiatement. Cette chaleur, ce goût sucré et cette odeur de plantes séchées... Sa main lâcha la bride de l'orik pour venir se noyer dans cette chevelure blonde qu'il retrouvait avec enthousiasme, comme le montrait la vigueur avec laquelle il avait répondu au baiser.

- Hylde... Laissa-t-il simplement échapper à peine leurs lèvres furent-elles séparées, comme si ce nom lui était resté sur le bout de la langue tout au long de cette Lune, ne demandant qu'à s'échapper à la première occasion venue. À leurs retrouvailles.

C'est à regret qu'il la vit s'éloigner, mais pouvoir de nouveau la caresser du regard lui fit très vite relativiser la chose. Tanaki hocha la tête. Évidemment qu'il était revenu, comment aurait-il pu retrouver le sommeil sans ça ? Un mince sourire s'était installé sur ses lèvres et il n'était pas près d'en partir à en croire la manière dont il la dévorait des yeux.

Ces derniers se baissèrent tout de même un court instant pour reconnaître le modeste caillou qu'il lui avait laissé lorsqu'ils s'étaient quittés, puis revinrent se poser dans ceux de l'herboriste, plus ardents que jamais.

- Tu l'as gardé...

Ainsi donc, elle aussi accordait de l'importance à ce qui les avait rapprochés ? Le coeur de Tanaki se mit à battre plus fort alors qu'il acceptait enfin l'idée que son attachement à cette mésorianne n'avait rien d'une lubie mais relevait bien de sentiments dont jamais il ne se serait cru capable. S'ils étaient partagés alors, pourquoi les refouler ?

En deux pas, il rejoignit l'herboriste dont il saisit le visage entre ses mains pour l'embrasser de nouveau, avec toute la passion et l'amour qu'elle lui inspirait, ignorant l'orik curieux qui poussait son épaule de son chanfrein.

- Jamais une Lune ne m'avait paru si longue. Confia-t-il après ne s'être qu'à peine reculé du visage de la jeune femme. As-tu pu venir facilement ? Avons-nous du temps ?

   
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   3/8/2015, 20:02

Mon nom entre ses lèvres, c'était une mélodie que j'avais tant espérer entendre à nouveau. Et puis ce sourire, et puis cette lueur au fond de la pupille, un curieux mélange entre le narquois et la convoitise. Comme à chaque fois que son regard rieur se posait posait sur moi, je me sentis défaillir. C'était un charisme qui ne s'expliquait pas et auquel j'étais visiblement trop sensible.

- Tu l'as gardé...

Je lui rendis son sourire avec l'excitation espiègle de ce secret compris et partagé. C'était d'autant plus enfantin que cette pierre ne valait pas même une piécette de bronze. On ne me la volerais pas, pas plus qu'on me poserais des questions quant à savoir pourquoi je l'avais toujours sur moi. Une pierre de feu banale pour autrui mais portant une singulière signification pour nous deux. Je la dissimulai à nouveau dans les plis de ma jupe comme le plus précieux des cadeaux.

Le Marchesable fit mine de s'emparer de mon visage et mon ventre se tordit avant même qu'il ne m'est touché. Cette longue lune n'avait en rien tari la passion que j'éprouvais pour lui, elle semblait même l'avoir décuplée. Tout en répondant à son baiser, je pensai à ce que ma vie sentimentale avait été jusqu'à présent. Rien de si fort ne m'avait jamais transporté comme aujourd'hui. Avais-je simplement aimé, aimé réellement ? Des fréquentations, j'en avais cumulées quelques unes durant ces années. J'avais appris à connaître et à apprécier certaines personnes, mais la relation qui se tissait à une vitesse fulgurante entre Tanaki et moi n'avait rien de comparable à celles de mon passé. Pourquoi, pourquoi. Le temps d'un battement de cils, il me sembla encore une fois sentir sur mes épaules le poids d'un regard divin, un regard désapprobateur.

- Jamais une Lune ne m'avait paru si longue. As-tu pu venir facilement ? Avons-nous du temps ?

Oh moi aussi, moi aussi, comment elle m'a paru longue cette lune. J'aurais voulu lui répondre mais les mots se bloquèrent dans ma gorge soudain serrée, prise dans un étau imaginaire apparu en un éclair. Le remord, peut-être, le poids du secret, la fébrilité et les émotions. La joie et la crainte, cet amalgame disparate de sensations que je n'arrivais pas à trier depuis tant de jours, que je m'obligeais à refouler en bloc afin de garder la tête froide.

- Oh.. réussis-je à articuler en tentant de reprendre le souffle qui m'avait échappé

Et ce simple mot, poussé dans un ultime effort, fit céder mes barrages. Les larmes se mirent à rouler sur mes joues et quand je tentai de les retenir, elles redoublèrent d'ardeur. Je secouai la tête, tentant de m'excuser et de m'expliquer tout à la fois, mais je ne réussis qu'à produire des couinements étouffés très peu convaincants. C'était ridicule, c'était absurde. Tout en pleurant, je me mis à rire. J'étais si heureuse et si triste à la fois ; et moi qui croyait que ces choses n'allaient jamais de pair. Je serrai les bras de l'okanaki en réussissant à pousser un faible ''pardon'', souriant derrière mes larmes.

- C'est juste que... je suis contente... que tu sois ici, articulais-je en essuyant un hoquet et un rire combinés. Nous avons du temps, personne en dehors de toi ne m'attend la nuit, rajoutais-je sur une touche plus légère

L'orik, toujours aussi affectueux, vint coller un museau curieux sur l'une de mes joues mouillées, et je commençai à remettre en doute le dicton disant que le chien était le meilleur ami de l'homme. Je levai une main douce vers l'animal, tapotant gentiment l'encolure derrière son oreille.

- L'orik que tu m'as confié, il est entre les mains de sa destinataire, rajoutais-je pensivement

Cet épisode semblait remonter à si loin, et pourtant. Mais maintenant, Tanaki était de nouveau devant moi, et c'est tout ce qui m'importait.




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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   9/8/2015, 22:31

Opale - 47eme jour d'Automne 1650

   Le sourire rayonnant de l'okanaki se dissipa à la première larme qui perla au coin de l’œil de la mésorianne, laissant place à une expression mêlant inquiétude et culpabilité. Qu'avait-il fait ? Qu'avait-il dit ? Avait-elle commis quelque-chose d'irréparable pour le rejoindre en ces lieux ? Les questions fusaient dans l'esprit du pasteur qui soutenait douloureusement le regard noyé de larmes de la jeune femme.

- Hylde, qu'y a-t-il ? Hylde ?

Le rire qu'elle mêla à ses pleurs ne le rassura qu'à moitié. Les mains sur les épaules de l'herboriste, Tanaki les pressait doucement, ne sachant que faire sans avoir la moindre idée de ce qui les provoquait. Finalement, il eut ce qui ressemblait à une explication, même si cela lui paraissait irréaliste. Elle était heureuse à ce point ? De le retrouver, lui ? La poitrine du Marchesable s'emplit d'une chaleur nouvelle et encore jamais ressentie et ses lèvres s'étirèrent dans le sourire qu'elles avaient quitté. Rayonnant. Sa main balaya la joue de la peintre pour en essuyer les larmes avec tendresse.

- Merci à toi. Souffla-t-il brièvement avant de tendre l'oreille, tournant la tête vers l'orée de leur ruelle trop exposée aux regards indiscrets. Et s'il y avait bien une chose qu'il ne supporterait pas ce soir là, c'était les indiscrets...

- Je veux être libre de t'enserrer. Déclara-t-il sans détour, fidèle à lui-même. Son visage avait retrouvé un air sérieux, même si la joie de retrouver cette femme maintenait ses commissures en un demi sourire constant. Y a-t-il un endroit où nous serions à l'abri ?

Ces propos glissés si bas, à une heure aussi tardive, leur donnait des airs de criminels aux intentions peu louables car, malheureusement, ils entraient dans cette catégorie sans même penser à mal.
   
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   25/10/2015, 19:29


Si notre rapprochement avait été si rapide, c'est en partie parce que j'avais tout de suite eu l'impression de le connaître. D'une autre vie, d'une autre personne faisant écho à celui qu'il était ? Pourtant cet énigmatique Marchesable me prenait sans cesse de court. C'était là un de ses mystères ; il s'ouvrait complètement à moi, sans détours et sans tabous, pourtant il restait insaisissable. Comment ?

- Je veux être libre de t'enserrer. Y a-t-il un endroit où nous serions à l'abri ?

Comme s'il s'agissait là des premières avances qu'il me faisait, je sentis mes joues se colorer et une excitation de jeune demoiselle m'enserrer le ventre. L'orik semblait trouver la proposition sous-entendue de son maître fort alléchante, car déjà il se dirigeait vers la rue à la recherche de ce fameux endroit où il pourrait, peut-être, dénicher quelque chose à brouter. J'étouffai un petit rire en emboîtant le pas à l'animal, tirant sur sa corde de temps à autre pour lui indiquer la direction à lui et à l'okanaki qui suivait.

- Tu as de la chance que tous les quartiers de la ville ne soit pas animés à cette heure... chuchotais-je en prenant le coude d'un petit chemin dallé, On dirait deux brigands avec leur mule prêt à dérober un trésor.

Je tapotai l'encolure de l'orik et tournai mon visage vers Tanaki avec un petit rictus. C'était une maison que cherchait. Une demeure immense qui, bientôt, se dressa solennellement au fond de la grande allée. Une haute clôture de fer forgée courait tout autour d'elle, de la devanture jusqu'à l'extrémité de la cour s'étalant derrière. Je guidai le Marchesable le long de la barrière, contournant la structure massive plongée dans l'ombre. J'expliquai à voix basse, même si personne n'était susceptible de nous entendre.

- Un de mes clients habite ici. Je suis venue à maintes reprise le peindre lui, sa famille, ses objets de collections... il est très riche, et très excentrique, il adore tout ce qui peut éventuellement lui coûter cher.

Je n'étais pas certaine que les okanakis comprennent très bien ce principe que moi-même je ne saisissais pas très bien. J'essuyai ce fait d'un petit geste de la main puis ralentit progressivement en fouillant du regard les buissons entassés près du grillage.

- Il possède une deuxième demeure à Îleval, il part souvent pour de longues périodes de temps. La maison n'est jamais complètement vide, le jour du moins. Des domestiques viennent faire le ménage, le jardinier vient entretenir les plantes...

Je m'accroupis et tâtonnai le sol sous les branches, dénichant bientôt une clé que je ressortit avec un sourire victorieux.

- ... je savais qu'il planquait sa clef quelque part dans le coin.

Je me sentais comme une jeune adolescente en fugue, excitée, fière et terrifiée à la fois de me faire prendre. Une petite porte se dessinait dans la clôture, laquelle nous céda gentiment le passage après que j'eusse tourné la clef dans sa serrure. Les gonds, bien huilé, ne firent aucun bruit. Et le jardin, somptueux, dense, s'ouvrit silencieusement à nous. À peine eut-il mis deux sabots à l'intérieur que l'orik tendis le cou pour attraper les feuilles tendres d'un arbre bas.

- Viens, soufflais-je à Tanaki en attrapant sa main

Les sentiers étaient minces à certains endroits, s'enfonçant sous des voûtes de bois tressé où les vignes s'entassaient. Je connaissais le jardin pour y avoir peint de longues après-midi durant. Un pavillon avait été installé au centre, intime, envahi par des treilles. L'intérieur était sommairement meublé, mais douillet. Le genre d'endroit où l'on souhaite s'installer lors d'une nuit pluvieuse pour ressentir la fraîcheur du soir sans le désagrément de l'humidité. À droite, une petite table ronde sans chaises. À gauche, on long banc en cuir capitonné qui servait fort probablement plus souvent de lit que d'un divan d'extérieur.




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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   7/12/2015, 18:53

Opale - 47eme jour d'Automne 1650

   Sans se faire prier, l'okanaki avait aveuglément suivi l'herboriste. Peu importait l'endroit où elle l'emmenait tant qu'ils s'y retrouvaient seuls.

La bâtisse qu'ils atteignirent était bien loin des modestes yourtes auxquelles était habitué le Marchesable. C'était une véritable montagne de pierre taillées, percée de fenêtres immenses et entourée d'un jardin incroyablement luxuriant. La description que lui faisait Hylde du "propriétaire" passait bien au dessus de la conception de l'okanaki pour ce qui était précieux, même s'il savait certains mésorians friands d'objets inutiles pour briller en société. Plutôt curieux.

Sans avoir une seule seconde la sensation de violer la propriété en y pénétrant, Tanaki avançait derrière la jeune femme en laissant traîner son regard sur les centaines de plantes différentes qu'il n'avait encore jamais rencontrées dans la savane opalienne. Leurs odeurs mêlées comme la simple voix de Hylde résonnant dans son esprit et la fraîcheur de cette main dans la sienne suffisaient à l'enivrer et à lui faire perdre tout sens du risque.

Arrivé au kiosque, le Marchesable posa son sac et observa le petit salon d'extérieur. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait un "intérieur" mésorian, mais cette manie du confort avait toujours eu le don de le faire sourire, lui qui dormait plus souvent sur une paillasse à même le sol que dans un lit à baldaquins dont il ignorait jusqu'à l'aspect. Réalisant cela, la curiosité de l'okanaki fut piqué au vif.

- Ta clé... Tanaki se retourna vers l'herboriste qu'il fixa d'un regard empli de défi et de malice avant de faire glisser ses yeux bicolores vers l'imposante demeure. Peut-elle nous faire entrer là dedans ?
   
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   26/12/2015, 17:24

Si Gamon avait encore été de ce monde, il m'aurait probablement tapé sur les doigts avec le bout de son pinceau pour me réprimander de ma mauvaise conduite... avant de conclure avec enthousiasme que cette infraction ne s'agissait en fait que d'un acte moralement condamnable par la société mésorianne et que j'avais raison de ne point m'en faire si on s'en fiait aux règles okanakis. J'aurais préféré être plus raisonnable. Lorsque Tanaki me demanda si ma clé pouvait ouvrir les portes de la grande maison... je senti le besoin d'essayer pour ne pas le décevoir, pour ne pas lui donner cette image raisonnable de moi-même qui l'aurait désillusionner. La mésorianne aventurière qu'il avait rencontré une lune plus tôt, celle qui mettait sans penser son confort de côté pour braver la savane, celle qui allait sans peur à l'encontre du clan Draoxi depuis des années, celle qui n'avait aucune gêne à se dénuder devant lui pour lui offrir les secrets brûlants de son corps... cette mésorianne ne pouvait pas refuser une aussi petite folie qu'une infraction dans une demeure inhabitée pour la simple excuse de la bien-séance.

- Et bien... j'imagine qu'il faut l'essayer pour savoir, répondis-je prudemment en retournant la lueur malicieuse aux yeux vairons du Marchesable

Délaissant l'orik occupé à farfouiller dans les vignes, j'entraînai Tanaki jusqu'aux portes arrières du petit manoir. Allais-je vraiment violer la demeure d'un de mes clients ? J'avais déjà franchit son jardin, mais se promener sur un terrain privé semblait tout de suite moins répréhensible que de se promener dans une propriété fermé par des murs. Question de perception, peut-être. Je glissai la clef dans la serrure, espérant presque que le loquet ne lui cède pas. Pas de chance, le mécanisme répondit sagement et la porte s'ouvrit sans bruit sur un large salon plongé dans l'ombre.

J'allais préciser qu'il ne fallait toucher à rien, avant de retenir le commentaire qui me semblait insultant tellement il s'agissait d'une évidence. J'entrai dans la pièce, reconnaissant le mobilier, puis un de mes tableaux accroché au-dessus d'un long vaisselier dont le contenu avait probablement une valeur supérieure à celle de tous les produits de ma boutique réunis. Je ne me sentais pas très bien... et posai sans réfléchir une main sur mon bas-ventre.

- Comment est-ce que tu trouves ça ?

Ça m'intriguait. Sa perception des choses, de la richesse, du confort. Des visions tellement éloignées pour nos deux peuples. Et j'avais envie qu'il me parle. Autrement, la nouvelle que je me devais de lui annoncer prenait toute la place dans ma tête et je tâtais bêtement le terrain pour savoir quand s'annoncerait le moment propice pour lui dire. Un moment idéal n'existe pas pour une telle annonce.




« Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... »
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MessageSujet: Re: « Pardonne-moi » [Hylde&Tanaki]   21/2/2016, 18:20

Opale - 47eme jour d'Automne 1650

   Le regard du Marchesable soutenait celui de l'herboriste, comme celui d'un enfant espérant que l'on réalise son souhait. Sa curiosité était des plus déplacée en ces lieux et en cette société qui administrait à chacun une propriété à défendre bec et ongles. Mais d'un point de vue okanaki, elle s'avérait plutôt naturelle, même si elle se trouvait quelque peu exagérée par cet attrait de la nouveauté et de l'inconnu.

Le peuple mésorian avait toujours intrigué le pasteur, pour son opposition parfaite à la culture okanakie. Sans songer un seul instant à adopter pareil mode de vie, il avait toujours cherché à comprendre ce qui faisait d'eux une ethnie aussi forte et implantée sur l'Archipel. Leur bonté leur a garanti l'amitié des okanakis, mais ils étaient parvenus en parallèle à asservir toute une population de torkos guerriers et conquérants qu'ils gardaient soumis à leur autorité depuis des siècles. Qu'est-ce qui pouvait bien faire leur force ?

Cette question, il ne se la posait plus en cet instant face à cette femme qui avait éclipsé toutes les longues réflexions de l'okanaki depuis qu'ils s'étaient trouvés dans cette grotte. Ne restait plus qu'elle et cette piquante curiosité qui brûla davantage le Marchesable lorsque la porte s'ouvrit devant lui. Tanaki suivit l'herboriste en silence dans une pièce spacieuse, bien que fermée par quatre murs, et richement meublée. S'avançant en son centre, le pasteur laissait glisser son regard tout autour de lui, des baies vitrées couvertes de riches étoffes jusqu'au plafond gravé d'arabesques. Les bureaux, les divans, les chaises, dont les proportions étaient très éloignées des siennes, se dressaient autour de lui, bien plus hauts que les tabourets et les tables auxquels il était habitués. Son regard était au même niveau que celui d'un enfant mésorian mais ses pensées étaient bien celles d'un homme amusé d'un pareil matérialisme.

À la question de Hylde, sa main caleuse vint caresser le velours d'un divan écarlate, bleui par les maigres rayons de la Lune qui perçaient à travers volets et rideaux.

- Je trouve ça... Encombrant.

Le bois massif de cette table, les franges fournies des coussins, les formes imposantes de chacun de ces meubles, rien qu'à voir tout cela, il n'osait imaginer la difficulté qu'auraient des okanakis à voyager avec pareilles fournitures.

- C'est gros, c'est lourd, c'est fragile... Je comprends mieux pourquoi les mésorians sont sédentaires. À fabriquer des charges pareilles, on n'a pas envie de les traîner derrière soi. Ironisa-t-il avant d'enfoncer ses doigts dans le moelleux divan étendu devant lui. Son sourire s'était élargi et il s'y hissa pour aller s'adosser au dossier qu'encadrait un bois sculpté peint en doré. À moins que ce ne soit le confort de cette chose qui les dissuade d'en bouger...
   
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