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 « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]

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MessageSujet: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   28/6/2015, 23:31

/!\ Violence /!\

Le mésorian qui l'avait acheté était loin d'être le genre de maître qu'on puisse souhaiter, si encore puisse-t-on souhaiter un maître. Mais que pouvait-on espérer de la racaille qui fréquentait les marchés illégaux d'esclaves ? Dans la maison de son nouveau propriétaire, les commandements concernant l'acquisition d'un esclave étaient manifestement quelque chose qu'on s'efforçait de contourner. Le premier visage qui l'avait accueillit à son arrivée était celui, tuméfié, d'une jeune Torkos à la mine triste et à l'oeil craintif. Dès lors et jusqu'à ce jour, une profonde rancœur et un sentiment rugissant de révolte s'était emparé de l'ancienne affranchie.

On avait laissé Svarnia relativement tranquille pour les premiers jours. Chaque fois que son maître faisait mine de vouloir l'approcher de trop près, elle se hérissait à la façon d'un chat sauvage qu'on a surpris au détour d'une ruelle. Elle dardait ses prunelles grises et incendiaires dans celles de l'homme toujours silencieux, traits tirés et dents serrées. La seule idée qu'il puisse ne serait-ce que l'effleurer déclenchait quelque chose d'animal dans ses viscères, un instinct primitif d'auto-défense largement au-delà de son contrôle. La peur est un puissant moteur. Mais ce n'était certainement pas la peur que le mésorian voyait dans les yeux de son esclave, mais la promesse d'une riposte excessivement agressive s'il osait poser la main sur elle. Qu'à cela ne tienne, le maître semblait patient. Froid, calculateur, amusé quelque fois. Il avait un rictus en coin de bouche qui ne le quittait pratiquement jamais, un faciès qui lui donnait l'impression d'être fort arrogant et fort distrait par les réactions qu'il provoquait. Une pourriture.

Quelles que fussent les activités de cet homme, elles étaient illégales. Il s'absentait rarement, pourtant l'entrée de sa demeure fonctionnait telle un véritable moulin à vent. On y rentrait, on y sortait, jour et nuit. Des messagers, des associés, des coursiers, des émissaires. La maison n'était pas vaste, pourtant elle débordait d'objets d'une valeur non négligeable et d'art. Une affaire profitable au maître de ces lieux qui n'était pas obligé de s'absenter aussi souvent qu'espéré. Les esclaves, eux, logeaient à la cave. Trois jeunes femmes, quatre en comptant Svarnia, et un vieil homme courbé. À voir les mines sombres et les sursauts de ses colocataires chaque fois qu'on entendait une porte claquer, l'ancienne affranchie compris qu'en plus d'être un homme à la morale défaillante, leur propriétaire était également une ordure qui se régalait de briser moralement et mentalement ses jouets. Jeu de puissance. Plus ils résistaient, mieux c'était. Malheureusement pour lui, il allait s'en prendre à la mauvaise Torkos. Svarnia n'aimait pas jouer.

*

Croire qu'elle échapperait au même traitement que ses soeurs aurait été profondément stupide. Lorsque l'horreur est trop grande, l'esprit se ferme. Après les luttes vaines et le sentiment d'être étrangère à son corps douloureux, Svarnia se couchait sur sa paillasse et s'attachait à des souvenirs. Les banquets que sa défunte maîtresse tenait dans le grand salon. Le garçon d'écurie, si gentil. Les champs de coton, blanc et doux. Le rire de Bronco... À la fin de la première lune, une des esclaves disparue. Revendue, peut-être, c'est ce que la Torkos préféra s'imaginer. Elle se se sentait désincarnée. Broyée. Dans sa poitrine, pourtant, quelque chose se tapissait. Quelque chose de lourd et de terrible.

Il se passa une décade. Au déclin du jour, le maître rentra avec une nouvelle esclave. Douze années, à tout casser. Petite et effarée. Svarnia figea au centre du salon. Cette vision venait de la gifler plus sûrement qu'une vraie claque ne l'aurait fait. Un spasme lui parcourra le corps, ébranlant son thorax dans lequel venait d'exploser un mal bien enfouit. Ses jambes bougèrent d'elles-même et avant même de réaliser qu'elle traversait la pièce, la Torkos plaquait de toutes ses forces l'homme contre le mur. L'enfant glapit et courra se réfugier dans les escaliers alors que Svarnia tombait durement avec son maître sur le sol, cherchant à lui enfoncer ses pouces dans les orbites. Quelqu'un, ou quelque chose, hurlait comme un démon tout droit sortit de l'enfer. La jeune femme ne réaliserait jamais que ce bruit sortait de sa propre bouche.

Le mésorian était grand, très grand, et baraqué. Pourtant il eut du mal à se défaire des griffes de son esclave dont la force venait miraculeusement de décupler. Une colère sourde et jamais éprouvée se déchaînait dans les veines de Svarnia, une émotion virulente qui était au-delà de ce qu'on pourrait qualifier d'animal. Elle ne pensait plus, elle ne voyait plus. Après s'être pris quelques coups sur la tempe et l'oreille, la pièce tourna mais aucune douleur ne se faisait ressentir. L'ancienne affranchie était dans un état second. Dans leur lutte, le maître et l'esclave heurtèrent un socle de pierre et le buste de bronze qui y trônait tomba à leur côté. Une statue à l'effigie du Mâss Adrius, la figure ayant réduit son peuple aux fers. Svarnia l'agrippa promptement et, sans même souffler sous l'effort, éleva la lourde masse pour l'abattre sur le visage du mésorian. Elle n'eût le temps que de voir ses yeux clairs et grands ouverts sous la surprise. Le nez fut le premier à briser, et il le fit dans un craquement atroce.

Ce son produisit une décharge dans la tête de la jeune femme. Les muscles de ses bras se bandèrent et répétèrent l'opération, encore et encore, toujours plus violemment, faisant résonner et enfouissant toujours plus profondément ce bruit caractéristique des os qui se brisent dans la mémoire à vif de Svarnia. Le corps flasque de son maître avait depuis longtemps cessé de remuer sous ses cuisses mais la jeune femme continuait sa salve contre un crâne qui ne ressemblait plus à rien. Ce visage n'était plus un visage, d'aucune façon. La buste du Mâss retomba lourdement, une dernière fois, dissimulant au regard dément de l'esclave l'oeuvre de sa colère.

Pour Bronco...
Pour l'enfant...
Pour moi...
Pour mon peuple...

Crève.


Il y eut un temps de flottement où, entre deux inspirations, l'air cilla dans les oreilles de l'ancienne affranchie. Un puissant haut-le-coeur la fit se mouvoir, une nausée qu'elle ne put refréner. L'odeur du fer était la seule chose qui lui emplissait les narines. Machinalement, flageolante, elle se redressa sur ses pieds. Une paire d'yeux terrifié l'observait du haut des escaliers. Svarnia dû s'y prendre à deux fois avant d'ouvrir la porte d'entrée, ses mains couvertes de sang glissant sur la poignée lisse. Un ciel incarnat la cueillit, une aube aussi rouge que ce qu'elle avait déversé sur les lattes du plancher. Son corps était si tremblant qu'elle eût du mal à croire qu'il puisse la porter. Pourtant elle courait, tout droit, sans se retourner.

*

C'était viscéral. Ses jambes l'emmenaient loin, très loin de cet endroit, et ses neurones refusaient de penser à autre chose que de creuser la distance la séparant de cette maison. Svarnia fuyait un monstre qui la suivrait toute sa vie.

C'est en trébuchant qu'elle arrêta sa course. Alors qu'un goût métallique tapissait sa langue et son palais, il lui sembla que son coeur allait éclater. Elle chercha son oxygène à plusieurs reprises, s'étouffant dans le tissu épais et invisible de la panique. Son corps éreinté ne voulait pas coopérer. Elle réussit tout juste à se tirer au pied du boisé qu'elle venait de rejoindre, abandonnant sa carcasse sous les branches basses d'un arbuste avant que son cerveau ne déconnecte brutalement. Svarnia se sentit basculer dans une abysse et s'y laissa sombrer avec délivrance.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   2/7/2015, 10:50

- Bersok -
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On peut passer un existence à entendre sans pour autant écouter. C'était ce qu'avait fait Bersok avant que son chemin croise celui d'un certain Torkos, sur une certaine île.
Depuis, Bersok s'était mit à écouter. Il avait été surpris d'une nombre de ceux qui lui adressait encore des prières discrètes. Il avait été blessé de constater de beaucoup aussi le maudissait avec véhémence. La rancœur est toujours réciproque... Il aurait dû s'en douter. Son retour signerait-il une sorte de "guerre civile" ? Il le redoutait... Ainsi se faisait-il encore discret. Il n'était pas temps de laisser ses partisans se faire massacrer. Pour beaucoup, il se contentait de les "toucher" par rêve ; un tentative pour être subtile à vrai dire... Cela n'était pas pour le satisfaire. Il préférait les vérités : revenir et l'annoncer haut et fort, plutôt que par des moyens qu'ils jugeait "vagues". En faisant cela, il avait l'impression d'agir comme Eliwha l'aurait fait. Mais contraint comme il l'était, il n'avait pas vraiment d'autres choix que de s'en remettre à l'imaginaire de chacun pour raviver la vieille flamme de la confiance. Il visitait les rêves, et les saupoudrait de sa présence, de son essence, pour ancrer le lien. Ceux qui auraient répondu étaient ceux qui ne tomberaient pas aux mains de Zhäa; Du moins il fallait l’espérer. Les rêves étaient aussi un moyen de ne provoquer aucune malédiction malencontreuse... Sans s'approcher physiquement des Torkos, il était sûr qu'il leur imposerait pas sa malédiction par inadvertance. Seuls les Sang-perdu étaient protégé par leur hybridité... C'est donc par la voie des songes qu'il parvint jusqu'à une jeune Torkos ce jour là.
Son rêve "sentait" le sang et le massacre et à bien y réfléchir c'était plutôt un cauchemars...
Il s'y glissa, insidieux. Dans ce songe sombre une scène se répétait : le visage d'Adrius gravé dans la pierre venant enfoncer le crâne de ce qui était vraisemblablement un Mésorian.
Une fois la tête réduite à amas de chair, le buste était rejeté sur le côté. Étrangement, par une physique que seul permettait les rêves, il rebondissait et roulait au loin... Cette fois ci, il roula jusqu'à de Bersok, qui l'arrêta en posa l'une de ses pattes dessus. Baissant les yeux, le Dieu ours vit le regard de son ancien ennemi qui le fixait, le visage maculé de sang. Les détails de ce rêve étaient trop précis et Bersok comprit de suite qu'il s'inspirait au moins d'un souvenir. Quels moments venaient de la réalité, Quels moments venaient de l'imaginaire, il ne le savait pas. Mais ce rêve lui plaisait. Il appuya son poids sur le buste et celui ci se brisa dans un craquement qui ressemblait plus à la fracture d'un os qu'à celle de la pierre.
D'ordinaire, il s'adressait peu aux gens qu'il visitait. Une phrase, tout au plus, pour laisser le mysticisme faire son office. Mais là, la scène lui plaisait trop pour qu'il s'en aille sans un commentaire. Il avança vers le cadavre, tendant une patte pour attirer a le corps moue à lui même... Il eut un grognement appréciateur :
-C'est comme ça qu'ils auraient dû tous finir...

Commentaire(s) Hors rp : Me suis permise de donner une scène du rêve, j'espère que tu m'en veux pas. Je savais pas trop comment poser la chose sinon. Si y'a un truc à changer dit le moins, j'édite sans problème.
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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   2/7/2015, 16:49

Le jour était un domaine pour vivre, la nuit un domaine pour se remémorer. C'était là un pouvoir insoupçonné de l'obscurité ; elle portait à la réminiscence. Comme une large main invisible, elle enveloppait l'esprit et lui extirpait sournoisement ses souvenirs, les tirant à la surface comme on tire sur une petite ficelle. Dans la ficelle, elle faisait un noeud. Et les souvenirs, incapables de s'échapper, rejouaient en boucle. Dans l'atmosphère sirupeuse d'un rêve, Svarnia revivait son assassinat de la veille. Malgré les gestes qu'elle posait comme un automate, la violence n'en n'était pas moindre. Chaque coup éclatait comme si elle s'était trouvé au coeur d'une caisse de résonance, le bruit des os qui se brisent vibrait entre ses tempes même lorsque le buste d'Adrius ne frappait pas sa victime. Les mains de la Torkos étaient carmines mais sèches, comme si on les avaient trop longtemps plongé dans une teinture indélébile. On ne nettoie pas si aisément de tels actes.

Dans un sursaut de conscience, l'ancienne affranchie laissa tomber l'effigie de feu le Mâss. Celle-ci roula lentement à la façon d'une pierre emportée par le courant de la rivière. Les mouvements qui aurait dû être saccadés et bruyants étaient fluides et silencieux. Une énorme patte arrêta la progression de la statue avant de la briser. Même si la Torkos eût le réflexe un peu lent de faire un bon vers l'arrière, le pays des songes ne permet pas toujours ce genre de prouesse physique. Elle se mouva comme si son corps pesait des tonnes, s'éloignant de la dépouille et de la bête gigantesque qui venait de surgir sans bruit. Ses muscles donnaient l'impression d'être appesantis par une force obscure et quelconque, le venin paralysant des cauchemars. Pourtant ce n'est pas la peur qui se logea dans son coeur, mais une forme de fascination méfiante.

Le décor clochait. Son rêve prenait place dans la maison de ses premiers maîtres, dans la verrière. L'heure était pourtant la même et le soleil, terminant sa course sur la ligne d'horizon, projetait des rayons pourpres et incarnats contre les grandes vitres. Le spectre écarlate de lumière ainsi créé se réverbérait dans le verre, inondant la pièce dans un sombre-obscur digne du dernier niveau des enfers. La silhouette du Dieu se complaisait à merveille sur cette toile de fond. Elle se détachait, imposante, baignée dans la flamme de ce jour mourant. Et le jour mourait indéfiniment, car il n'y a point de temps qui s'écoule normalement dans les rêves.

- C'est comme ça qu'ils auraient dû tous finir...

La voix caverneuse fit trembler les vitres telle une onde sur l'eau. Pourtant, elle n'était pas forte. Svarnia contemplait le dieu comme une spectatrice observe une pièce de théâtre. Calme et fébrile à la fois, elle attendait que son rêve le fasse parler à nouveau, mais l'ours se taisait.

- C'est de votre faute.

Il n'y avait aucun reproche dans le ton de la Torkos. C'était une observation, simple, qui englobait beaucoup de choses. De sa faute si les mésorians n'avaient pas tous finit de cette façon et de sa faute si celui à ses pieds avait finit ainsi. Pas que la jeune femme ne se tenait pas responsable du meurtre de ce pantin désarticulé qui pendait maintenant entre les griffes d'un dieu qui n'était pas le sien. Mais dans l'ordre logique des choses, Svarnia n'avait d'autre choix que de blâmer le grand Ours pour leur sort. L'esclave n'avait pas encore appris à être une combattante ; comme la majorité de son peuple, elle subissait sa condition. Et comme la majorité des gens, elle cherchait un coupable.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   11/7/2015, 23:19

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Il y avait du vent. Ce détails attira l'attention du Dieu-ours car il n'avait aucun sens : Ils étaient à l'intérieur. Pourtant, la chevelure de la femme virevoltait doucement. Elle battait mollement, comme un drapeau bientôt en berne. Fallait-il voir là un symbolisme particulier ? La preuve qu'elle avait bientôt atteint ses limites ? Ou une simple fantaisie de rêve ? Le Dieu s'amusait à essayer de démêler la pelote de songe. A comprendre où était la limite en réalité et fiction. Les motels avaient une imagination si grande ! Les Dieux les enviaient un peu pour cela. Eux n'avaient pas de sommeil. Ils ne rêvaient pas, et ne cauchemardait pas plus d'ailleurs. Ils ne leur restait que le privilège de pouvoir s'insinuer dans les songes humains pour en partager les divagations. C'était une expériences enrichissante. On pouvait même la qualifier de "drôle". Mais la bonne humeur du Dieu-ours allait bientôt s'envoler, car la Torkos parla enfin :

"C'est votre faute"


Elle avait lâché cela sans préambule. Trois mots jetés là, comme la constatation détachée d'une situation qui n'avait pourtant rien d'évident. A peine si elle y avait mis du coeur ou de la colère... Non. Elle avait énoncé ça sur le ton que l'on prend pour dire "L'ours est brun", et voilà. C'était tout. En voilà une qui ne se perdait ni en explications, ni en émotion !
On lui en avait fait des reproches, mais rarement formulé comme ça... A croire qu'elle n'était même pas impressionnée !

-Sais-tu qui tu accuses avec autant de légèreté ?! Sais-tu qui je suis ?! Gronda-t-il, piqué à vif par tant de flegme. Délaissant le cadavre, il marcha vers elle. L'univers des rêves était tel qu'il permettait au Dieu de moduler son apparence bien plus facilement que dans l'espace réel. Ainsi, se fit-il grandir : un pas lui faisait prendre 10 bons cm. Et il s'approchait, déplaçant lourdement sa masse comme pour étouffer l'endroit par sa présence et plantait ses prunelles incandescentes sur intempérante accusatrice.
Bientôt les murs se mirent à vibrer et le décors éclata en morceau. L'espace était à présent une terre de roche à la végétation faite de mousse un vent fort sifflé dans les airs et apporté l'odeur de la mer. Au loin on pouvait presque percevoir le fracas des vagues. Le Dieu-ours avait a présent une tailles sur dimensionnée alors qu'il était à une foulée de la Torkos. Aussi grand fut-il, sa silhouette s'intégrait parfaitement dans ce décors rustique.
-Ma faute tu dis ?! Accusa-t-il, alors que le décors se remplissait à présent d'acteurs. Des hommes et des femmes aux yeux noirs ou gris courraient à toute vitesse. Des cris déchiraient le silence. Pour beaucoup il étaient des vieux, des anciens blessés de guerre, ou des enfants. Ceux qu'on avait laissé sur place au moment de partir à la guerre. Ceux qui devaient garder les îles de Göor -terre natale des Torkos- pendant les guerriers étaient parti sur les terres Mésoriannes. Mais cette fois, les voiles qu'ils avaient vu revenir n'étaient pas celle des leurs, mais celle de l'ennemi... L'ennemi qui était venu leur imposer leur sentence : les chaînes ou la mort. Pour beaucoup, c'était la fuite qu'ils avaient préféré. C'était cet instant qui se jouait à présent dans le rêve. Les Torkos fuyaient, mais derrière les cheveux Mésorians faisaient vibrer la terre avec fracas. Un cercle commençaient à se former autour des fuyards. "Les chaînes ou la mort !" Clamaient les Élites. L'un d'eux attrapa l'une des fuyardes par la chevelure et la tirant en arrière. Stoppant net sa progression. Pointant sur elle son épée, il s'apprêtait à lui énoncer encore une fois le choix qu'elle devait faire.... Mais une masse sombre venait de bondir et de le couper dans son élocution. Un ligor, qui en deux bons s'était jeté sur lui, venait de le désarçonner. Il était loin d'être le seul animal présent sur la scène de "combat". Il y en avait d'autre : du cheval, au chat en passant par le glouton. Les animaux se dressaient entre les assaillants pour protéger leurs maîtres.
Le ligor qui avait attaqué l'élite cherchait à présent une faille dans son armure. Mes ses dents ne faisaient que claquer contre le métal sans jamais atteindre la chaire. L'homme s'en dégagea et d'un coup d'épée transperça son échine.
-KHARBAL !!! Hurla la jeune femme en tendant la main vers le ligor. Mais déjà l'élite repoussait l'animal agonisant du bout du pied et s'avança vers elle. Il lui demanda : "les chaînes ou la mort ?". Alors la Torkos leva ses yeux vers lui et lui cracha aux pieds :
-Bersok vaincra ! Clama-t-elle. Une seconde plus tard l'épée fendait l'air et la tête de la torkos roulait au sol. Son corps tomba mollement alors que l'élite l’enjambait pour fondre sur une nouvelle victime. Le ligor, encore vivant se traîna jusqu'au corps de sa maîtresse. Tendant son mufle vers la main, il chercha son contact. Puis il ferma les yeux et laissa filer son dernier souffle. Leur mort était identique à bien d'autres : les lames avaient vites fait de se débarrasser des animaux pour mieux se pointer sur les humains. Enfin la scène se suspendit dans le temps. Avant de s'y précipiter à folle allure. Les jours passaient en secondes. Et le paysage de guerre laissa place à un paysage d'après guerre: des corps humains et animaux étendues sur toute une vallée qui se décomposaient à grande vitesse. Bientôt, seuls les os subsistaient, et enfin, la végétation les effaça pour laisser place au décors du départ : un terre vide de vie. Bersok reprit la parole d'une voix amère et ... triste.
-Tu n'y étais pas toi. Tu ne sais pas.

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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   12/7/2015, 02:25

Svarnia était calme sans être sereine. Elle vivait cette rencontre avec son dieu comme on vit toutes situations étranges lors d'un rêve, c'est-à-dire avec une acceptation des plus simplistes. Sans se poser de questions. Ici, l'incompréhensible prenait son sens. Accuser Bersok de tous ses maux se révélait donc être non pas un acte de folie valeureuse mais un constat des plus badins. Le grondement coléreux du Grand Ours l'atteignit pourtant, vibrant jusque dans ses os, y disséminant la crainte. Dès lors l'ambiance du songe bascula, se renversant à la vitesse où le dieu, vexé, s'avançait vers elle. Ses poils soyeux fouettaient sous le vent qui, tout comme la silhouette du protagoniste, ne cessait d'enfler. Svarnia eût tout juste le temps de lever un bras devant son visage lorsque la verrière vola en morceaux. Violemment. Sans bruit. Aucun grabat ne vint pincer sa peau, pourtant le vent continuait de souffler, portant dans ses bras des effluves d'embruns.

- Ma faute tu dis ?!

L'affranchie battit des paupières sur un décor gris s'emplissant d'hommes et de femmes, d'enfants et de familiers. Les sons et les images éclatèrent, créant un véritable chaos autour de la jeune Torkos. Elle tenta d'éviter les trajectoires de ces fantômes du passé mais force lui fût de constater qu'ils l'évitaient sans la voir, qu'elle était spectatrice intouchable d'une guerre révolue. Mais c'était une guerre sans guerrier dans l'un des camps, c'était un massacre. Les yeux grands ouverts, les sens étonnements éveillés pour une rêveuse, Svarnia observait dans toute son impuissance les démons d'un dieu au coeur et à l'âme rudement éprouvés. La mort n'est difficile que pour ceux qui reste. L'affranchie ferma douloureusement les yeux au cri d'une des femmes, frappé par son ardeur plus que par l'image de sa décapitation. Son hurlement, puisé du plus profond de ses plus puissantes convictions, venait se répercuter en elle à travers les âges. Le temps et les os sous la terre ne semblait pas pouvoir ternir les idées ou affaiblir les pensées. Comme un calice, la jeune Torkos semblait absorber contre son gré toute la colère et le désespoir de ses ancêtres livrant cette vaine lutte. Elle ressentait si fort, si brutalement, qu'elle eût l'impression de défaillir malgré qu'elle soit déjà assise à même le sol.

Elle ouvrit de nouveau les yeux. La scène s'était figée. À peine le temps de prendre un souffle, et le passé se déroulait à nouveau à une vitesse fulgurante, enchaînant mille et une courses de lunes et de soleils. Aveuglée par la lumière et le mouvement, Svarnia se crampona à la surface dure de la pierre sous ses mains. Puis, plus rien. Tout ce qui avait été, ou aurait pu être, était désormais radié de cette terre morte sur laquelle elle se trouvait en présence de son dieu. Les émotions, pèle-mêle, lui tordaient la gorge. Quelle souffrance pour une simple mortelle. Quel supplice inextinguible pour un immortel...

- Tu n'y étais pas toi. Tu ne sais pas.

Elle reçu la tristesse du Grand Ours comme un coup de poing dans le ventre. Si le monde des songes le lui aurait permis, elle aurait versé un torrent de larmes. Mais ses rétines se contentèrent de brûler de la même flamme qui animait celles de Bersok. Il n'y avait pas de mots à mettre sur la perte immense du dieu. Derrière la colère, derrière la douleur, un vide béant semblait creuser sans cesse l'âme tourmenté de leur collectivité éparpillée. Retrouvant quelques forces puisés d'on ne sait trop où, Svarnia parvint à se remettre sur ses pieds, se dressant avec fermeté devant la masse énorme de sa chimère.

- Mais tous vos enfants ne sont pas morts !

Crié comme un dernier ralliement, une dernière prière aussi pleine de sens que les vies envolées sur ce lieu de carnage, les mots de la Torkos se perdirent dans le vent. Si petite devant l'Imposant, l'affranchie n'en restait pas moins solide. On ne l'avait pas encore brisé. Debout sous le regard scrutateur de son dieu, elle balaya ce morne paysage d'antan pour laisser place aux vastes champs de coton du domaine où elle avait grandit. C'était son rêve, elle aussi souhaitait montrer. Sous un chaud soleil d'été, des esclaves travaillaient par des gestes répétitifs et chorégraphiés. Tous accomplissait leur dur labeur de façon lente et synchronisée. Ils étaient là, les descendants des morts qu'on ne cessait de pleurer. Ils étaient là, les fils qui n'attendaient que la main de leur Père pour les guider.

Sur le porche d'une grande demeure, le Maître et la Maîtresse se tenaient immobiles comme deux grandes statues de marbre. Non... pas comme. C'est ce qu'ils étaient réellement ; des statues. Dans ce songe, leur peau avait pris l'aspect du buste avec lequel Svarnia avait éclaté la tête de son geôlier. Mais l'affranchie n'était pas en mesure de se questionner sur les significations. C'est au réveil que l'étrange se révèle. Plus loin en arrière plan, une jeune femme mordait la poussière sous l'épée de bois d'un mésorian. La Torkos se reconnu avec surprise. Plus jeune, plus agressive, lors d'une séance d'entraînement avec son maître d'armes. Elle était alors tellement plus arrogante... sa liberté l'avait, en si peu de temps, rendu si peureuse...

Incommodée, Svarnia balaya le décor pour en revenir aux îles de Göor, mais ce n'est pas là que le rêve les menèrent. D'un fond sans couleur précise surgit un homme juché sur un cheval blanc lancé au galop. Bronco. La jument venait vers eux à toute allure et le Torkos tendait la main en lui criant de la prendre. Instinctivement, Svarnia tendit le bras pour l'agripper. Mais ce mirage était immatériel. La monture et son cavalier ne firent que passer au travers eux, sans faire aucun bruit, sans lever aucune brise, puis disparurent. La jeune femme ne contrôlait plus son rêve et ce dernier s'amusa d'une autre transition, leur montrant cette fois Bronco maintenu par des ombres. Il hurlait à s'en déchirer les poumons mais une fois encore, aucun son ne perçait l'atmosphère sirupeuse de ce songe.

Il y eut une déflagration de revolver. Un coup sec dans l'air, une condamnation. Aucune arme en vue, aucune balle, pourtant le corps de son ami se troua en plein centre. Le mirage s'effaça comme un nuage de fumée balayé par le vent.

- NON !

Svarnia n'avait même pas conscience d'avoir bougé les lèvres. Elle se tourna vers le Dieu-ours, effarée. Derrière le corps imposant de Bersok, légèrement en retrait, un homme se tenait debout. Un mésorian qui avait tous les visages à la fois. Le visage des Mâss, celui de l'homme qu'elle venait d'assassiner, celui de son ancien Maître, celui du revendeur ayant jeté Bronco à la mer, celui de l'élite qui avait décapité cette femme sur les îles... La poitrine de Svarnia s'enfla de la même rage irrépressible qu'elle avait ressentit en abattant le buste de bronze contre sa victime.

- Tue-le ! cria-t-elle à Bersok en pointant du doigt le mirage qui se tenait immobile, les narguant. TUE-LE !

Une bestialité refoulée s’endiguait à nouveau dans ses veines par grands flots. Les sensations physiques étaient peut-êtres altérés par le rêve mais la hargne, elle, était bien réelle. Dans ce monde étourdissant où son corps ne lui appartenait qu'à moitié, elle aurait presque pu sentir que des crocs sortaient lentement de ses gencives. Longs et aiguisés, rien que pour pouvoir mordre dans la chair de cette entité qui la hantait, la défigurer encore et encore jusqu'à ce que ce rictus méprisant ne soit qu'une grimace déformée, ou moins encore.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   21/7/2015, 20:29

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Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité
78e jour d'Automne 1650

Les rêves étaient un monde à part. Un monde où tout devenait possible : le bien comme le mal. Seul l'imaginaire était roi ici pour forger le décors et  l'histoire... Il n'y avait ni passé, ni présent, ni futur mais il y avait toujours des souvenirs. Ils resurgissaient aussi facilement qu'une pensée s’insinue dans un esprit et dessinait une scène. C'était à présent les souvenirs de la Torkos qui faisaient se mouvoir le décors, qui sautait de scènes en scènes pour s'arrêter sur un événement en particulier, pour finalement bondir sur un autre. Les acteurs étaient inconnus du Dieu-ours, mais pas pour la Torkos. Son visage s'illuminait et se refermait à mesure qu'ils apparaissaient et se passaient l'action. Les sentiments passaient sur son visage, clairs et limpides. On ne pouvait pas lui reprocher son manque de coeur, c'était certain.  Un cheval blanc. Un cavalier. Une déflagration. Tout cela n'avait pas de sens. Pourtant cela réveilla la colère de la Torkos. Qu'avait commis ce Mésorian à son égard ?  A moins ... Ces mésorians ? Elle même ne semblait pas sûr de vouloir lui fixer une identité... Peut-être sa haine, car il n'était pas question d'autre chose, s'élevait  hauteur de tout le peuple esclavagiste ? Comment le savoir ? Si il avait été un vrai Dieu, il aurait sû ça. Il aurait pu lire dans ses souvenirs jusqu'à remonter à sa naissance. Mais il n'était plus un Dieu, il était une âme errante.

-Les Dieux ne tuent pas au nom des Hommes. Ce sont les Hommes qui tuent pour les Dieux

S'entendit-il répondre. L'avait-elle prit pour un ligor, ou un chien de garde ?

-Si tu as soiffe de son sang, bois le. Tu es mortel, tes actes t'appartiennent. C'est comme ça que le Créateur vous a fait. Toi qui disais que les miens n'étaient pas mort... Montre moi.

L'encouragea-t-il sans savoir vraiment ce qu'il attendait. Mais dans ce monde, l'imaginaire est la seul limite. Il n'y avait pas besoin de magie pour faire naître ce que l'on désirait...
Ainsi le Mésorian au visage changeant avait à présent les yeux rouges des fidèles de Zhäa. Quand à Svarnia, son corps était en train de changer... Il se couvrait de poil, et sa bouche devenait gueule. Ici, pas besoin de magie pour faire renaître un Berserker.

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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   23/7/2015, 01:55

Même après la remontrance de Bersok, la Torkos ne se sentit pas condamnable. Il est dur de concilier rêves et émotions distinctes. L'ordre qu'elle avait hurlé n'en n'était pas vraiment un. C'était un appel. Un appel désespéré pour qu'on lui vienne enfin en aide, pour que tous ces visages superposés cessent de lui sourire simultanément. Le mépris sur le faciès changeant de cette chimère était si vif qu'il aurait mis mal à l'aise qui conque l'aurait observé trop longtemps.

- Si tu as soif de son sang, bois-le. Tu es mortel, tes actes t'appartiennent. C'est comme ça que le Créateur vous a fait. Toi qui disais que les miens n'étaient pas mort... Montre moi.

Les mots de son dieu eurent tout l'impact qu'un songe pouvait espérer leur donner. Sitôt, Svarnia eût soif. Sa bouche se dessécha en un éclair, ses pupilles devinrent chaudes, sa langue pâteuse. Quatre jours passés sous le brûlant soleil d'Opale ne l'aurait pas mieux drainé. Sa vigueur ne s'en trouva pourtant pas tari. Trouvant même son énergie décuplée, la jeune femme sentit son corps se modifier de façon singulière. Sans douleurs ni panique, elle contempla ses muscles s'allonger et s'affermir, son derme se couvrir d'une fourrure sombre, son visage s'étirer... Elle avait soudain un regard extérieur sur sa personne mais cela ne lui sembla pas plus incongru que de discuter avec l'apparition du Dieu-Ours. Un puma à forme humanoïde remplaça bientôt la jeune femme, long et au pelage aussi foncé que la chevelure de sa propriétaire. Les yeux, à mi-chemin entre celui du fauve et celui de l'Homme, gardaient ce même gris caractéristique des Torkos et tranchaient contre le poil marron.

De retour dans ce nouveau corps, l'ancienne affranchie n'eût pas le loisir de s'attarder à sa découverte. Hormis peut-être à cette sensation de force accrue et de sens en éveil. Devant elle, le regard de braise de son fantôme s'attardait dans sa direction. Le rictus de l'entité se transformait peu à peu en un sourire difforme, exagérément grand, exagérément pointu. Un feulement guttural vibra dans la gueule de Svarnia. L'homme ouvrit lentement les bras, s'affichant à la manière d'un crucifié, et parla d'une voix qui semblait venir directement d'outre-tombe.

- Une enfant qui se dit Torkos mais qui a plus en commun avec le peuple esclavagiste qu'avec ses frères, les opprimés.

Un rire éraillé franchit les lèvres étirées de la chimère sans que celles-ci n'eussent à bouger. On aurait dit le croassement malsain d'une vieille corneille. Ses orbes rougeoyantes s'écarquillèrent davantage, cruelles et limpides.

- Tu n'es pas plus mésorianne que tu n'es Torkos, tu es une imposture sans dieu ni maître, sans avenir et sans but. Ta vie...-l'air se mit à vibrer autour d'eux- est futile.

La voix de la chimère se perdit dans des tons si graves qu'elle agressa l'ouïe de l'esclave. Mais comme un signal d'alarme, cette injure lui donna le coup de fouet nécessaire pour s'élancer, toutes griffes dehors, sur ce pantin maléfique. En un bon, elle fut sur sa proie, l'écrasant sous sa masse énorme et ses pattes puissantes.

- Sans dieu ! Répéta l'apparition en éclatant d'un rire fou, d'un rire effrayant

Folle de rage, submergée encore et encore sous des flots d'émotions qu'elle n'arrivait plus à endiguer, Svarnia lui laboura le ventre et la poitrine avec son nouvel arsenal, ses grognements de fureur se mêlant à l'hilarité désaxée du fidèle. Elle crevait de soif, elle crevait de colère. Insensible au mal, le fantasme s'égosillait et l'air vibrait toujours plus fort, s'emplissant bientôt d'un bourdonnement assourdissant. La Torkos avait beau creuser la cage thoracique de ses pattes comme on bêche la terre, la voix de l'homme ne faisait que s’amplifier. Étourdie, désespérée, Svarnia ouvrit grand la gueule pour pousser un rugissement rauque avant de fondre sur sa prise. Ses crocs se plantèrent dans le cou de l’énergumène, provoquant dans sa gorge un gargouillis écœurant alors qu'il s'évertuait à hurler encore.

- Futile, futilghtile, fugtilrnmmglm... glouglouta la chimère alors que le bouillon fétide de son sang lui emplissait la bouche

La Torkos appuya sa large patte sur son visage, couvrant ces horribles yeux rouges, et lui tordit la nuque d'un coup sec. L'air cessa abruptement de vibrer, le silence si fit. Sur son palais , l'hémoglobine avait le goût de l'eau fraîche. La berseker se redressa lentement et fit rouler les muscles de ses épaules en se retournant vers l'imposant Bersok. La gueule maculée, l'oeil brillant, le poitrail agité d'une respiration sifflante, Svarnia dévisagea son dieu, son dieu, avec une férocité qu'elle s'ignorait jusqu'alors. Son esprit était partagé entre la clarté mentale de l'Homme et l'instinct de la bête. Et, malgré cette confusion, un éclair de lucidité impensable lui traversa la tête. L'endormi qui se sait rêveur. Le rêveur éveillé. Pour la première fois depuis le début de ce songe démentiel, Svarnia prenait vaguement conscience qu'elle dormait. Et que, dressé en face d'elle, le Dieu-Ours l'observait silencieusement. Bersok, était-il vraiment... ici ? Et puis l'éclair de lucidité passa, aussi brutalement qu'il était venu. L'ancienne affranchie était de nouveau prisonnière de ses songes et du corps de ses ancêtres qui lui donnait une sensation de toute-puissance comme jamais éprouvée.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   2/8/2015, 18:46

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Les Berserkers appartenaient au passé du présent, mais ils avaient toute leur place dans le présent des rêves. Il était aisé de constater que leur origine, ici, puisait dans l'imaginaire plus que dans la magie, car la forme que prit la jeune femme était en deçà de la réelle puissance des guerriers métamorphes d’antan. Mais qu'importe... Aussi pâle que fut la copie qui se mouvait devant lui, elle n'en réveillait pas moins les souvenirs lointains du Dieu. Parfois la nostalgie est douloureuse, mais aujourd'hui elle était agréable. Il n'était pas assez proche de la Torkos pour lire en elle et devinait son histoire. Il aurait pu, si il avait été un vrai Dieu, mais son errance l'avait considérablement diminué et à présent il en été réduit à deviner les choses. Même spectateur de la scène, il n'était pas facile d'en deviner les vérités. L'esprit humain est complexe et il se protège bien souvent avec brio. Il n'était d'ailleurs même sûr que l'apparence de la jeune femme qu'il avait vu plus tôt était réellement la sienne. Car il y a ce qu'on est, et ce que notre corps perçoit de nous...
En tout les cas, Bersok était au moins sûr d'une chose : cette femme avait été esclave. Ou l'était encore. La récurrence des références aux Mésorians étaient bien trop prédominante pour être innocente. Il réfléchissait, il supposait, et pendant ce temps, la Torkos tuait. Une scène qui n'aurait pas eut sa place dans la réalité, mais qui dans le rêve frôlait la banalité. La Berserker aurait bien pu se mettre à voler dans les airs que cela n'aurait pas été plus choquant que cela ... Une fois sa tâche accomplie, elle se tourna vers lui. Elle avait la tête d'un puma, mais il subsistait chez elle un reste d'expression humaine.  
-Rassasiée ?   Demanda-t-il comme si elle venait de finir de manger un paquet de cacahuète.  
-Allons, approches donc... Ranges donc tes crocs, tu n'en as plus besoin. L'invita-t-il. tu sais qui je suis ... Mais toi qui tu es ? Tu as des rêves bien étranges ... A moins que ce ne soit là des cauchemars ? Les Mésorians t'auraient fait du mal ? Voilà quelque chose qui chagrinerait ma chère soeur.... Questionna-t-il sur le ton de la conversation, alors que le décors venait de prendre la forme d'un paysage des plus anodins.
   

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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   4/8/2015, 02:36

La question du dieu était égale, étonnement neutre malgré le sujet dont-elle traitait. Mais comme pour tout dans le pays des songes, Svarnia n'y trouva rien d'anormal. Rassasiée, non. Étanchée provisoirement aurait été plus juste. Réduire au silence un pantin de son imagination n'était malheureusement pas suffisant. La petite voix mutine de la lucidité glissait à sa propriétaire qu'une fois réveillée, cette rage, ce goût de vengeance, ce sentiment d'injustice profonde continuerait de la tarauder profondément dans l'âme.

- Allons, approches donc... Ranges donc tes crocs, tu n'en as plus besoin. Tu sais qui je suis ... Mais toi qui es-tu ? Tu as des rêves bien étranges ... À moins que ce ne soit là des cauchemars ? Les Mésorians t'auraient fait du mal ? Voilà quelque chose qui chagrinerait ma chère soeur....

La torkos s'apaisa, suivit la voix. Son corps se modifia à nouveau, très lentement, pour revenir à son apparence originel. C'est presque si on aurait pu voir les poils qui, un à un, se rétractaient sous la peau, la faisant se friper momentanément comme la surface d'un lac. La brune avançait vers le Grand Ours d'un pas normal, pourtant sa progression était infiniment lente. Comme si elle marchait sur un sol reculant en sens inverse. Sous un décor changeant revêtant des nuances de vert et de nature, la jeune femme arriva enfin à la hauteur de Bersok et s'immobilisa. Voilà, ils y étaient. Le calme absolu, le temps qui reprend doucement son cours normal. Une rencontre en toute clairvoyance. De la toile de fond servant de cadre à leur jonction semblait émaner une lumière apaisante. La rêveuse était placide.

Les mésorians lui avaient-ils fait du mal ? Cette question aurait sans doute dû être traitée indépendamment de la race des individus qui lui avait causé tant de malheurs. Mais si les mésorians lui avait fait du tort, ils lui avaient également donné du bon. Sa courte vie de mortelle sembla bien anodine à raconter mais puisque c'était Bersok lui-même venait de lui demander qui elle était...

- Je suis Svarnia, dit la brune en levant ses yeux gris vers le Dieu Ours

Fille de quel père ? Elle n'en savait rien. Fille de quelle mère ? D'une femme morte depuis beaucoup trop longtemps, si longtemps que même les traits de son visage et le ton de sa voix s'étaient effacés.

- Je suis née esclave. Ma mère est décédée lorsque j'étais encore une gosse. Notre maîtresse n'avait jamais eu d'enfants et ne pouvais plus espérer en avoir après une fausse couche l'ayant rendue stérile, alors elle m'a élevée comme sa propre fille...

La jeune femme laissa planer un très court silence. Elle n'avait jamais réellement parlé ainsi de sa vie, de son enfance. Et, comme redouté, elle n'appréciait pas particulièrement. Cela provoquait de drôles de sensations ; Svarnia cherchait à se cacher cette réalité. Là où elle aurait dû éprouver de la fierté ou de la simple reconnaissance pour le destin différent qu'on lui avait offert, elle éprouvait de la honte et de la colère. Réaction ingrate ou légitime ? C'était le syndrome paradoxale du riche qui s'en veut d'avoir de l'or alors que ses voisins crèvent dans la misère et qui, chaque fois qu'on lui parle en terme de fortune, se met sur un pied de défensive. Oui, Svarnia avait reçu une richesse que peu de gens de son peuple enchaîné pouvait se vanter d'avoir reçu : de l'amour, du savoir, de la liberté.

- J'ai reçu une éducation académique et martiale. Même si je portais le bracelet, je n'étais pas réellement esclave. Les mésorians voyaient cela du mauvais oeil... et les miens m'ostracisaient.

Il y avait peu de mots dans les explications de la torkos, pourtant l'essentiel s'y trouvait. Elle en voulait à sa Maîtresse ; celle qui aurait, au moins, pu faire d'elle une escorte, quitte à être une escorte ayant plusieurs privilèges, se contentait de la sortir comme une bête de foire dans les soirées mondaines. La Maîtresse lui avait donné l'amour comme elle l'avait reçu, le genre d'amour qu'elle avait souhaité donné à une fille toute sa vie. Mais cet amour était, quelque part, une nuisance pour Svarnia. Il l'humiliait. Il apposait un mur invisible entre elle et les siens. Nul doute que la Maîtresse l'avait réellement chérit. Pourtant, cet amour avait été égoïste. Criant, fort, tendre... mais égoïste. Pour la première fois depuis la mort de cette mère, la jeune femme ressentit de la tristesse. Ce qu'elle avait repoussé, enfouit, nié, se révélait à son visage comme la vision d'une fleur qui éclot. Une immense mélancolie la submergea, un abattement sans pareil. Le rêve décuplait-il ce genre de sensation ? Triste comme Meridine, la Torkos laissa un deuxième silence, plus long que le premier, recouvrir le songe. Lorsqu'elle parla de nouveau, son ton s'apparentait à une calme résignation. À la douceur de celui qui s'apaise face à une évidence qu'il comprend enfin et qu'il est soulagé de contempler.

- J'avais vingt ans lorsque ma Maîtresse mourut de vieillesse. Le Maître me renvoya chez les domestiques et je travaillai pendant deux ans dans les champs de coton. Puis un jour... sans aucune raison... il me rendit ma liberté.

Non, pas sans aucune raison. Il y en avait forcément une. Mais Svarnia ne l'avait pas encore trouvée. Peut-être ne la trouverait-elle jamais. Les cheminements mentales du Maître lui avait toujours été un véritable mystère. Il était déjà suffisament difficile de comprendre ses propres schèmes émotionnels pour s'attarder à ceux des autres.

- Alors je suis partie, j'ai rencontré un homme qui m'a parlé d'une organisation appelée ''La Meute''. Ça été mon point d'encrage. Je suis ensuite tombée sur l'une de leur recrues, Bron-...

Il ne faut pas prononcer le nom des morts partis il y a trop peu... La jeune femme cligna des yeux, les laissant fermés plus longtemps que nécessaire entre deux battements, comme pour ravaler les émotions que ce souvenir lui évoquait.

- Nous avons été capturés par des revendeurs d'esclaves. Mon ami a été tué, et moi vendue. L'homme qui m'a acheté était une ordure sans nom. Je l'ai massacré.

Cette dernière phrase fût dite sur un ton si glacial, si discordant, qu'elle donna l'impression ne pas avoir été prononcé par la même interlocutrice. La brune était d'un calme froid, inébranlable. Dans ses yeux brûlaient comme un axiome qu'elle seule semblait voir.

- Et... me voici, devant vous, finit-elle doucement en levant légèrement les bras avant de les laisser retomber

Svarnia n'était ni pieuse, ni spirituelle. En général, elle ne s’épanchait pas non plus sur le genre de matière questionnant l'existence du destin, de l'avenir, et tout ce qui s'y rattache. Pourtant, à ce moment précis, elle eût une certitude inébranlable ; Bersok n'était pas venue à elle par hasard. Et ça, c'est ce qui s'appelait la foi.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   4/8/2015, 21:44

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La confession d'une histoire nécessite de la confiance. Et cette même confiance est elle même nécessaire à l'établissement d'une relation. Poser une question n'engage personne à vous répondre. Beaucoup d'ailleurs, préfèrent le mensonge. Et mentir, la Tokos aurait pu le faire, comme refuser de répondre. Mais elle n'en fit rien et la confession fut sa réaction. Elle parla et il écouta. Il le fit avec une certaine sincérité, sûrement soulagé d'entendre des mots qui ne lui reprochaient rien et qui ne le touchaient finalement pas vraiment. Parler d'autre chose que du passé donnait l'illusion que les choses progressaient. Il y avait un aspect apaisant à la chose. Et alors qu'elle parlait, ses paroles éveillait dans l'esprit du Dieu des images, signe que la connexion se faisait. Que le lien, aussi tenu soit-il n'en était pas moins présent. Images, sensations, sentiments, Bersok pouvait à présent percevoir ces choses et Svarnia était à présent une multitude de choses pour le Dieu Ours : Une femme  au regret coupable de ne pas être "comme les autres" aux yeux des dit autres. La reconnaissance pour la Maîtresse mêlée à une certaine rancœur. La tristesse d'avoir perdu un ami. La colère d'avoir était mal menée. Mais dans tout ça, il sentait des sentiments plus sous jacents. Peut-être même indévoilés jusqu'alors... A la mention de La Meute le Dieu ne sourcilla pas, même si cela avait éveillé quelque chose en lui.
Maintenant qu'il en savait plus sur l'esclave, il pouvait sentir le lien vers son enveloppe charnelle. Son état physique lui indiquait que ses muscles se reposaient d'un effort.
 
-Tu as pris la fuite alors. Te voilà Hors-la-loi. Constata-t-il.

Il remarqua alors une chose étrange... Quelque chose qu'il n'avait pas remarqué avant : la distance qu'elle mettait avec son peuple. Elle voulait être comme "les autres" sachant qu'elle avait été élevée différemment. Elle même ne se voyait pas vraiment Torkos...

-Tu crois que les autres ont raison sur toi ? Que tu n'es pas vraiment Torkos... Que tu es trop "Mésorianne" ? As-tu déjà envisagé qu'ils puisent ne pas être plus Torkos que toi ?  Réfléchis... Ils vivent, ils obéissent, ils se font soigner, nourrir et loger par des Mésorians. Ils sont comme toi, des descendants de ceux qui ont capitulé. Je l'ai vu de mes yeux... Ceux qui se font appeler "Torkos" aujourd'hui, ont été marqué par les Mésorians. Le peuple d’antan n'est plus. Il est mort avec les Berserkers. Il est mort avec mon Errance. Tu n'es pas "Torkos" comme on peut l'entendre. Mais qui aujourd'hui peut encore vraiment le prétendre... Être Torkos entend d'avoir un Dieu. Un peuple pour un Dieu c'est la règle du Créateur...    

Expliqua-t-il. Au moins avec elle c'était plus simple... Elle avait déjà la sensation de ne pas être "dans le moule". Pas aussi arrogante que bien d'autres. Elle était "médiocre" par certains côtés, mais le fait qu'elle en ai conscience facilitait les choses.

-Tu as la bonne ascendance... Il te faut encore le Dieu. Voudrais-tu de moi Svarnia ? Veux-tu être de ceux qui feront naître les Torkos de demain ? De ceux qui ont retenu les leçon du passé ?

Poser une telle question lui semblait malvenu. Comme si on pouvait lui répondre "non", à lui, le Dieu. Mais l'évidence l'avait frappé plusieurs fois : les humains étaient capables d'amour autant que de rancoeur.... Constat peu agréable pour lui. Car les humains étaient au moins aussi orgueilleux que les Dieux... C'était un point sur lequel le Créateur semblait avoir eu à coeur de les rendre égaux.... Car dans ce cas le renoncement à cet orgueil, et l'acceptation du fait qu'on ait besoin de l'autre devenait la plus belle preuve "d'amour".  

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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   8/8/2015, 20:33

Quelque chose d'invisible, d'intouchable et d'inodore vibrait dans le rêve. L'énergie d'une connexion qui se créer, d'un lien ténu qui se ficelle.
 
- Tu as pris la fuite alors. Te voilà Hors-la-loi.

Svarnia avait bel et bien des poignets de Torkos. Contrainte depuis la naissance, résolu depuis le plus jeune âge à affronter la vérité inévitable de son futur. Pourtant le conditionnement de son peuple n'avait été qu'un échec cuisant qui se perpétuait depuis des décennies bien qu'on voulu se convaincre du contraire. Elle n'en n'était qu'une preuve de plus, une esclave passé de l'autre côté de la clôture, une prisonnière ayant brisé ses chaînes. Hors-la-loi. Ce mot semblait si loin de ce qu'elle était, de ce qu'elle voulait être. Il était froid, impersonnel, abrasif. Une identité de plus qui ne lui correspondait pas et qui lui collait maintenant à la peau comme une énième malédiction malvenue.

- ... Le peuple d’antan n'est plus. Il est mort avec les Berserkers. Il est mort avec mon Errance. Tu n'es pas "Torkos" comme on peut l'entendre. Mais qui aujourd'hui peut encore vraiment le prétendre... Être Torkos entend d'avoir un Dieu. Un peuple pour un Dieu c'est la règle du Créateur...  Tu as la bonne ascendance... Il te faut encore le Dieu. Voudrais-tu de moi Svarnia ? Veux-tu être de ceux qui feront naître les Torkos de demain ? De ceux qui ont retenu les leçon du passé ?

Et voilà qu'elle n'était ni Torkos, ni mésorianne. Fille de dieu Errant, d'Âme rancunière. Pourtant sa seule existence et celle de tous ses frères faisait pied de nez à la déchéance de Bersok. On le priait encore, on l'espérait encore. Comment pouvait-il lui demander si elle voulait de lui ? Le corail a besoin d'eau pour vivre. Svarnia ne s'était jamais réellement adressé au Dieu Ours. Elle lui avait peut-être envoyé un souhait de temps à autre, lui avait demandé où il était lors d'instants difficiles sans vraiment attendre de réponse. Mais maintenant qu'il était devant elle, et bien que cela ne fut qu'un songe, elle pressentait que plus jamais qu'elle ne pouvait l'ignorer. Qu'il faisait partie d'elle comme elle faisait partie de lui.

Pris d'un élan de courageuse conviction, elle s'avança en levant le bras vers le Grand Ours pour le toucher de sa main. Sur son poitrail, sa fourrure n'était ni tiède ni froide mais elle était douce, douce comme aucun autre pelage. Était-ce l'énorme coeur du Dieu qu'elle sentait bouger sous la masse de son corps ou sa respiration profonde ? Les dieux avaient-ils seulement un coeur, à proprement parler ? Svarnia ignorait beaucoup de choses mais ce qui lui apparaissait comme une évidence était suffisant.

- Je ne veux pas de vous, j'ai besoin de vous, souffla-t-elle en levant ses yeux clairs vers le large visage de Bersok

Les fentes de ses yeux brillaient de mille feux, était-ce toujours ce genre de vision que l'on avait en plantant son regard d'aussi près dans celui d'un dieu ?

- Soyez notre guide. Notre passé est révolu mais le futur s'ouvre à nos pieds. J'aimerais tant fouler cette promesse mais sans vous, je ne saurais comment. Nous sommes puissants mais nous sommes aveugles, alors montrez nous... Soyez le bras qui guide notre foi.


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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   25/9/2015, 15:04

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Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité
78e jour d'Automne 1650

Si la Svarnia qui se trouvait en face de lui n'était qu'une pâle copie de la réelle, si elle n'était qu'un avatar spectrale marchant dans le monde de l’irréel, elle n'en restait pas moins : Svarnia. Lorsque sa main le toucha, il en ressenti le même sentiment que si il avaient l'un comme l'autre dans le monde du palpable : l'acceptation. Elle se remettait à lui sans méfiance, comme si elle l'avait toujours attendu. Elle ne lui reprochait pas son départ et acceptait son retour comme une évidence. Peut-être ne fallait-il y voir que l'endoctrinement Mésorian qui atténuait les pulsions de rébellion. Peut-être n'avait-elle même envisagé, ou même comprit qu'elle avait là à faire un choix... Si Bersok avait eu cette crainte là, les paroles qu'elle prononça par la suite furent suffisantes pour la rassurer : Elle lui parlait de foi et elle le faisait avec coeur. Il redressa la tête, porté par la fierté d'être attendu et aimé comme il le fallait : comme un Dieu.

-Mon retour est proche. Annonça-t-il solennel. Son oeil incandescent fixé sur la jeune femme.

-Je recherche mes Fidèles. Poursuivit-il avec une franchise qui lui était familière. Dire clairement les choses, cesser de parler en énigmes, c'était reposant.

-Tu dois quitter les terres de ton passé et fuir la justice de ceux qui t'ont enchaînés. Va vers le nord ouest par delà les frontières Mésoriannes. Marche et tu trouveras des semblables.

Il avait conscience qu'elle pouvait très bien mourir en chemin ou se faire attraper. Il avait conscience qu'il pouvait la "perdre en route". Mais il était hors de question d'en faire une assisté, elle ou n'importe quel autre Torkos... Elle devrait montrer sa débrouillardise, car lui avait d'autres fidèles à retrouver pendant ce temps... Il ne l'avait pas envoyé vers la Meute. Le chemin était bien trop long... Mais il savait à qui il pourrait la confier...

-Le nord ouest n'oublies pas... Le nord ouest. Il fit un pas vers elle et de sa largue tête il la poussa de son mufle. La force la projeta en arrière, mais loin de s'écraser sur le sol, elle fut "renvoyé" dans donc corps, arraché brutalement du rêve sur cet ultime ecco : le Nord ouest.

Commentaire(s) Hors rp : lus de 1 mois d'attente, et tu continues à e dire que je peux prendre mon temps ? Tu es pas folle ti ? XD
Pour ma part c'est la fin du rêve ^^. Je vois avec ta futur mentor, mais elle devrait être bientôt prête à te réceptionner. A voir aussi avec le bossu si il veut toujours amener sa bosse dans l'aventure.

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MessageSujet: Re: « Je ne veux pas d'une lumière pour me guider dans l'obscurité. » [Svarnia&Bersok]   1/10/2015, 02:18

L'annonce du retour imminent du Dieu Ours fit naître dans le coeur de Svarnia une crainte qui, loin d'être mauvaise, la poussait à vouloir s'investir aux côtés de cette Âme restée trop longtemps errante. La peur de l'inconnu, celle qui stimule et qui donne envie de faire à notre appréhension le plus rapidement possible. Avait-elle l'étoffe d'une fidèle ? La Torkos avait, à maintes reprises, prié son dieu absent : pourtant, elle était loin d'être le modèle d'une parfaite dévote. Combien de fois avait-elle tout simplement cessé d'invoquer Bersok, éreintée, lassée, avant de reprendre ses prières silencieuses, sentant que, peut-être, le moment était plus favorable qu'un autre ?

- Tu dois quitter les terres de ton passé et fuir la justice de ceux qui t'ont enchaînés. Va vers le nord ouest par delà les frontières Mésoriannes. Marche et tu trouveras des semblables.

Au nord ouest ? La jeune femme fronça imperceptiblement les sourcils, tentant de se rappeler de ses cours de géographies. Comme dans tous les rêves, les souvenirs tangibles s'obstinaient à fuir son esprit, à s'accrocher au monde des éveillés. Elle était pourtant certaine qu'il n'y avait aucune cité libre dans la direction que lui indiquait le Dieu Ours, mais peut-être n'étais-ce pas cela qui l'attendait. Le premier Torkos qu'elle avait croisé suite à son affranchissement lui avait parlé de Valgoör. Du concret, du réel, un foyer qui l'attendait. À l'opposé, de grandes plaines traversées par la Larme, là où Bersok la sommait de se rendre. Et bien, elle s'y rendrait. N'étais-ce pas là aussi un signe de foi ? Croire en ce qu'on en voit pas, et parfois même en ce qu'on ne comprend pas totalement.

De son mufle, le grand ours poussa contre sa poitrine. Elle tomba en chute libre, dépassant le sol qui aurait du la recueillir, observant la silhouette de son dieu, restée sur un plancher invisible, rétrécir à une vitesse fulgurante au-dessus de sa tête. « N'oublies pas... le nord ouest. » résonna la voix profonde dans son crâne lorsqu'elle émergea brutalement, le coeur battant la chamade, le corps dérangé d'un soubresaut pour se débarrasser du sentiment de vertige.

Elle battit des paupières. Ses yeux gris rencontrèrent un ciel sombre au-travers de petites branches plus sombres encore. Il faisait nuit. Svarnia ne sut pas s'il faisait chaud ou froid, humide ou sec. Tout ce qu'elle ressentait, c'était la tiédeur émanant de son propre visage et qui colorait ses joues. La Torkos trouva étrange d'être si lucide. Ses songes lui échappaient usuellement, mais pas cette fois. C'est comme si elle avait cligné des yeux et que tout le décor s'en était allé subitement en oubliant d'emporter la clarté de son esprit.

Tranquillement, elle se redressa. Pas un rêve, une apparition. Avait-il était vraiment ? Lui avait-il vraiment parler, à elle ? Un frémissement d'excitation parcouru tout son derme. Elle n'en pouvait pas douter un seul instant, cette certitude d'avoir été réellement visitée était trop forte pour n'être qu'une impression. Un vent puissant venant du sud est la poussa vers son antipode, grande main invisible, courant incitateur... lorsqu'on cherche une réponse, on a tendance a relever une symbolique savamment orientée dans l'optique de ce qu'on souhaite trouver.

Svarnia baissa les yeux vers ses mains couvertes d'une croûte de sang coagulé, vers ses habits souillés. Elle se sentit étrangement calme, détachée. Deuxième étape du choc post-traumatique ou simple béatitude d'esprit offerte par la visite d'un dieu et par la certitude d'avoir trouvé un objectif criant du coeur ? La Torkos se mis en marche sans plus attendre, profitant du couvert de la nuit pour avancer. Comme une automate, elle progressa d'un pas constant aussi longtemps que la voûte lui offrit ses étoiles. Elle ne pensait à rien en particulier, même si toutes les conditions étaient propices à la réflexion. Elle n'était pas fatiguée non plus. La marche, par un temps si frais, vivifiait son corps. C'est uniquement aux lueurs du petit matin qu'elle décida de reposer ses pieds douloureux et ses membres gourds. Elle se nicha dans la végétation, semblable a une bête nocturne qui sent venir le temps de se retirer, afin de se reposer quelques heures.

Avant qu'un soleil trop intense ne vienne sonner l'heure de reprendre sa route, elle somnola, sans rêves et sans images. Seule une petite pensée récurrente tournait en rond dans son crâne, une mouche bruyante dans une pièce vide : Inga, la Torkos qu'elle avait laissé seule au marché illégal d'esclaves... son air vilain de renard rusé et moqueur, son visage ravagé, sa folie dérangeante dans l'oeil, ses gestes nerveux... et l'éclat de panique lucide, la douleur de perdre encore qui avait animé sa pupille lorsque Svarnia avait été emmené, trop tôt et trop vite pour lui souhaiter courage.


TERMINÉ


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